dimanche 26 juin 2016

La Lettre est parue

Chers Amis d'Hurtebise,

En cette fin du mois de juin, nous vous invitons à prendre connaissance de la Lettre aux Amis.
Elle nous tourne vers ces prochains mois de "vacances", ou en tous cas d'un changement de rythme qui nous invite à y mettre ce à quoi notre coeur aspire.

Bien amicalement,

Rosy

dimanche 19 juin 2016

Les mousses….un esprit bénédictin



Que l’on s’assoie en forêt au pied d’un arbre, que l’on se couche sur l’herbe du jardin, que simplement l’on s’appuie sur un vieux mur, il suffit de quelques minutes pour faire connaissance avec un monde merveilleux mais discret : celui des mousses.
Nous pourrions facilement imaginer que Benoît, dans sa retraite d’ermite dans les bois de Subiaco, a dû vivre en parfaite harmonie avec ces espèces discrètes de végétaux qui ont pu lui inspirer certains passages de la Règle.
Elles ont comme caractéristique première de vivre en communautés comme les disciples de Benoît. (R.B. 1)*
Avec un peu d’attention et d’esprit d’observation, nous sommes invités à nous faire tout petits et faire preuve comme ces mousses de beaucoup d’humilité (R.B. 7). Nous pourrons alors pénétrer le monde de ces miniforêts.
Celles-ci sont habitées par une multitude d’animaux minuscules (rotifères, collemboles..) qui bénéficient de l’accueil (R.B. 53) et de la protection de ces petites créatures végétales. D’autres espèces de mousses y sont également accueillies avec convivialité dans une sorte de symbiose (R.B. 61).
Si ce n’est le chant de l’oiseau ou le murmure de l’eau qui coule à proximité, ces petites mousses vivent le plus souvent dans un profond silence (R.B. 6 et 42) qui les rend disponibles à l’introspection et à l‘émerveillement.  
Même leur vêture aux couleurs discrètes qui varient du vert au brun en passant par un peu d’ocre, leur permet de se faire oublier (R.B. 55).
Ensuite, on remarquera que ces mignonnes profitent de la clarté du jour et des rayons du soleil pour œuvrer à la photosynthèse. Contrairement aux grands arbres, elles travaillent (R.B. 48) même en hiver. Elles constituent ainsi un vaste piège à carbone qui libère l’oxygène dont quasi tous les êtres vivants ont cruellement besoin.
Ces petits êtres végétaux, qui ne disposent pas de racines susceptibles d’aller puiser l’eau en profondeur dans le sol, se voient contraintes de l’utiliser avec modération (R.B.40) et de constituer des réserves entre leurs feuilles lorsqu’il pleut. Elles assurent ainsi leurs propres besoins et ceux de leurs hôtes du monde animal.
Lors de longues périodes de sécheresse, les mousses ralentissent peu à peu leur métabolisme pour entrer dans une période de repos et de dessiccation. Lorsqu’elles retrouvent l’eau, elles reprennent peu à peu leurs humbles mais précieuses activités grâce au processus de reviviscence auquel nous sommes, nous aussi, appelés (R.B. 49).
Ces petites Créatures nous invitent ainsi à voir Dieu en toutes choses et voir toutes choses en Dieu. Changer de point de vue est toujours Vivifiant.
  Pierre

*  Les références se rapportent aux chapitres de la Règle de Saint Benoît                                                      

dimanche 12 juin 2016

Evangile de l'amoureuse



Aujourd’hui, nous contemplons Jésus avec l’Evangile dit de la pécheresse pardonnée (Luc 7,36-8,3). Il nous faudrait peut-être changer ce titre. Voir cette page d’Evangile comme celui de l’amoureuse. Et puis nous regarderions plus librement, plus clairement d’où vient cet amour fou. Une femme s’est sentie aimée par Jésus, d’un amour qui pardonne, d’un amour qui relève, qui transfigure, et à cet amour elle rend l’hommage de son amour le plus pur, le plus fou. Elle répand sur les pieds de Jésus ses larmes, en même temps qu’un parfum. Les larmes d’un cœur qui découvrant combien il est aimé, découvre en même temps combien il a blessé cet amour. Le parfum d’un cœur qui découvrant combien il est pardonné, aime follement à son tour.
Nos liens d’amitié ne sont-ils pas tissés d’amour et de pardon, au point que nous ne savons plus ce qui est premier ? N’est-ce pas à mesure que l’on découvre le pardon dont nous sommes enveloppés, que nous pouvons à notre tour déployer notre amour, et découvrir nos errements.
Aujourd’hui soyons les témoins de cet Amour. Il n’y a pas de plus beau chemin de vie. 
Sr Thérèse-Marie

dimanche 5 juin 2016

Vivants de sa vie



Aujourd’hui, l’Évangile nous montre Jésus saisi de compassion pour une veuve qui pleure son fils unique, décédé. Jésus s’approche du cortège funèbre, il touche le cercueil, fait arrêter ce courant de mort, il ressuscite le fils par sa Parole et il le rend à sa mère.
Nous sommes avec la foule témoins émerveillés de ce geste de Jésus. Et aussitôt nous nous disons, oui, mais nous, nous ne savons pas faire de miracles, nous ne savons pas d’une seule parole rendre la vie… et nous risquons e nous asseoir là, impuissants devant tous les cortèges de mort que nous croisons au quotidien.
N’abandonnons-nous pas trop vite le camp de la vie ? en amitié, n’entendons-nous pas notre cœur battre au rythme de celui qui souffre. Ne pouvons-nous pas un geste de compassion, une Parole de vie, de réconfort ? si nous nous laissions traverser par l’Esprit de Jésus, par le Souffle créateur… ne serions-nous pas étonnés de la vie qui pourrait alors circuler ? libérons en nous les forces de la vie, en nous laissant conduire par l’Esprit.Soyons vivants de sa vie, et nous pourrons la partager.
Beau dimanche à chacun.
                                              Sr Thérèse-Marie